Enfance: paradis perdu

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Abdou Abdelmalek Aghzaf 07 03 2015 Abdelmalek Aghzaf, Le 30/6/2015 Ksar El Kébir

Enfance: paradis perdu

Abdelmalek Aghzaf,

 

Avec ces nuits ramadanesques, mon esprit voyage à travers  le ciel des souvenirs d’enfance, très loin, dans les confins de la mémoire et je redécouvre en les feuilletant, des pages et des pages, jaunies par le temps, mais aussi vivantes au fond de l’esprit que le rêve d’une nuit passée dans notre ancienne maison du Moyen Atlas, au Maroc profond.

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Aït Ishaq, Khénifra,  Azrou,…

Le même décor des murs nous suivait partout: des illustrations vieilles comme le temps de notre enfance, de notre passé. Tableau de neuf icones peintes ou dessinées et imprimées sur du papier carton nous narguaient à longueur des saisons, des années durant !

Ces «  fresques » perpétuaient d’anciens mythes en connivence avec la religion, le mystique, la superstition, les traditions, la chevalerie arabe, la vie des Saints, le « péché originel » d’Adam et Eve et l’arbre mythiquement sacré de l’Eden qui leur fut interdit d’y toucher, la gloire des apôtres, le voyage nocturne de Sidna Mohamed, la beauté sans exemple de Youssef (Joseph), le Saint emprisonné domptant le lion au sein de sa cellule,… Enfin, les miracles, « la baraka », don de Dieu pour les Alims ou les Cheikhs, ou les Soufis d’antan !

Tout cela hantait notre petit esprit, habitait notre mémoire et la mémoire collective des années cinquante du XXème siècle.

L’irréel  et l’imagination faisaient bon ménage dans notre univers quasi cloisonné !

L’auteur de ces chefs-d’œuvre était inconnu. Cependant, ces représentations avaient comme qui dirait un vrai impact sur notre imaginaire collectif et populaire et nous permettait, nous, les enfants de cette ère-là de mûrir une sorte d’aura imaginaire dans notre mémoire, meublant notre esprit d’histoires mythiques et burlesques, de contes fantastiques, de fables extraordinaires, avant et avec l’avènement du cinéma noir et blanc, de la photographie en noir et blanc d’alors !

Dans mes souvenirs de cette enfance-là, ces imageries colorées m’ouvraient des espaces larges et inimaginables dans un contexte, pourtant, très limité et sévèrement gardé par les maîtres de conscience à la mosquée, surtout au M’sid « médersa » où on apprenait par cœur et sous la menace omniprésente du Fquih et du châtiment corporel « la Falaqa », nous attendant, chaque fois que notre mémoire d’enfants de bas âge nous faisait défaut, d’oublier un verset, ou omettre un mot ou une « ayat » des versets coraniques qu’il fallait réciter à la lettre !

En fait, ces dessins représentaient pour nous une sorte d’évasion, salutaire vers des mythes confus, quasi incompréhensibles, mais aiguisant le rêve qui nous habitait de jour comme de nuit, échappatoire nécessaire à un monde rigide, dur, sévère / celui des adultes. On pouvait s’imaginer à la place des personnages religieux, mystiques et chevaliers arabes antiques dans leur bravoure, marabout ou apôtre, ou cheikhs à la « baraka » aux miracles extraordinaires, dompte un fauve, voler sur les ailes du « Buraq », vaincre l’ennemi dans des duels mortels,…Enfin rêver être au Paradis, à l’Eden d’Adam et Eve, avant qu’iles n’en soient chassés !

Rêve ou réalité ? Une manière de revivre le bonheur perdu d’un passé humble, rustique, naïf et serein : Paradis perdu !

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